Françoise FAES directrice de l'
Institut de formation en soins infirmiers (IFSI) de Dunkerque"Lorsque M Castaing, directeur du centre hospitalier m'a proposé que l'IFSI prenne part au projet de coopération avec les établissements Belges, j'ai saisi l'occasion.
D'abord parce que personnellement je suis très ouverte à l'Europe, notamment dans le cadre d'une association qui nous mène chaque année dans un pays de la CEE pour découvrir la manière dont les soins sont dispensés. Par ailleurs, nous recherchons toujours des nouveaux terrains de stage pour les étudiants.
J'ai donc visité les deux établissements : la clinique St Augustin de Furnes et le KEI de Ostduinkerke. D'emblée nous avons vu des différences. A Furnes, la maternité est étonnante : les mamans peuvent se préparer ou même accoucher dans l'eau. A Oostduinkerke, la rééducation cardio-respiratoire ou encore la prise en charge appelée réhabilitation qui prend en compte globalement et spécifiquement la santé des personnes âgées. Tout ceci nous intéresse beaucoup et nous fait aussi réfléchir à d'autres modes de faire.
Au début, je craignais que les étudiants stagiaires ne soient perdus du fait de la langue. Mais ces établissements sont situés sur des zones balnéaires, et accueillent donc des belges francophones en vacances. A la Clinique Saint Augustin, où de nombreux documents sont traduits en français, accueillir un francophone est vécu comme un plus pour communiquer avec ces patients.
Lors de leur stage, les étudiants réalisent aussi avec le personnel des fiches techniques en français, pour faciliter l'intégration des futurs stagiaires.
Cet échange est donc bénéfique et j'aimerai que les étudiants puissent aussi faire des stages au KEI, ce qui viendra certainement.
J'ai pensé que les étudiants qui le souhaitent pourraient intégrer les cours de néerlandais dispensés par ailleurs à Dunkerque, qui encourage les jeunes à traverser la frontière pour chercher un emploi. Car je ne pense pas que nos étudiants intéressés soient suffisamment nombreux pour organiser un cours propre à notre institut de formation.
Ces projets de coopération sont une richesse pour les futurs professionnels, qui se préparent ainsi à une ouverture dès leur formation. Je suis interpelée car je vois les projets prendre forme, les professionnels y prendre part. Je pense néanmoins qu'il y aura des résistances de la part de la population... Il faudra que la mentalité des usagers change aussi. Et selon moi, pour y parvenir il faut que se crée une dynamique générale, au delà de la seule santé."