Témoignages
« Nous n'accueillons que peu de malades français, c'est dommage car nous ne connaissons pas les listes d'attentes. »
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Edward DESUTTER
Chirurgien ophtalmologiste- Hopital A.Z. Groeninge de Courtrai (Belgique)

« Depuis 1995, nous participons au réseau de téléophtalmogie avec le CHRU de Lille, qui associe désormais aussi le CHRU d'Amiens et celui de Rouen. Pour nous, c'est un véritable atout car ces réunions interactives sont à la fois scientifiques et cliniques : chaque mois, nous échangeons sur des méthodes de travail, et sur des cas depuis le diagnostic, jusqu'au traitement et son déroulement. Ainsi depuis plus de 12 ans, nous sommes en contact étroit avec les chirurgiens des hôpitaux universitaires français et cela va continuer, puisque dans notre nouvel hôpital en construction, la direction a intégré le réseau de téléophtalmologie.
Nous collaborons aussi avec la clinique Ambroise Paré a Lille, où nous traitons des patients pour certaines maladies et collaborons avec le centre Nord Laser Vison pour le traitement des patients au Excimerlaser. Nous avons ensuite essayé de faire de la chirurgie rétinienne en collaboration, d'envoyer des patients à Ambroise Paré pour de retraitements qu'on ne pouvait faire ici. Et puisqu'en Belgique le prélèvement de cornée est plus facile, nous pouvions donc ensemble répondre à des besoins.
Mais nous nous sommes heurtés à des obstacles liés au remboursement des soins, problème qu'il faudrait urgemment solutionner dans l'esprit de la convention européenne. Il y a aussi l'obstacle de la langue. En théorie, nous devons chacun apprendre à communiquer dans la langue de l'autre. Aujourd'hui, nous communiquons en français, mais bien que le français soit enseigné dans les écoles flamandes, l'usage et l'emploi se perdent chez la jeune génération presque totalement. Dans 15 ans, les flamands ne parleront plus très bien le français : il ne faudra quand-même pas que tout le monde se mette à l'anglais si on veut se comprendre ! Ou bien on se met de l' autre côté aussi, dans un respect mutuel, à apprendre le néerlandais.
Tout ceci -obstacles financiers et linguistiques- fait que finalement nous n'accueillons que peu de malades français. C'est dommage pour les patients français car nous ne connaissons pas les listes d'attentes pour consulter ou se faire soigner que vous connaissez à quelques kilomètres d'ici. »